Le programme proposé est modulable et les nouvelles propositions sont les bienvenues.
Le vendredi matin aura lieu une présentation des séminaires présents en faisant retour sur l'année, les problématiques, projets, difficultés rencontrées, etc.
On propose ensuite une série d'ateliers de 3 heures, organisés sur le vendredi après-midi, samedi et dimanche.
On commencerait par un travail de problématisation élaboré en commun à partir de toutes les propositions et matériaux qui pourrait être portés le jour même (textes, affiches, documents audio ou vidéo, etc.) afin de mettre tout cela en relation, d'en débattre, dans l'horizon d'un travail d'écriture (compte-rendu de séance ou production commune) et de ces trois jours ensemble.
INTER-SÉMINAIRE 4-5-6 JUIN 2010 - À LA GÉNÉRALE EN MANUFACTURE 6 GRAND RUE 92310 PONT-DE-SÈVRES - CONTACT : JO (AT) INTER-SEMINAIRE.ORG - SITE INTERNET : HTTP://INTER-SEMINAIRE.ORG
ATELIER 1 – Errance et apprentissage
ATELIER 2 – Espaces publics oppositionnels
ATELIER 3 – Mémoire des luttes, expérience des luttes
ATELIER 4 – Imaginaire(s), poétique et politique : quelle est la part de l'imaginaire, du sensible et du sens dans les politisations actuelles ?
ATELIER 5 – Emancipation, Aliénation et Travail
ATELIER 6 – Minorités
ATELIER 7 – Atelier permanent orienté archive/micro-édition/édition électronique
ATELIER 8 – Féminismes et Révolution
ATELIER 9 – Qu'est-ce qu'un collectif ?
ATELIER 1 - Errance et apprentissage
A) Une réflexion sur pédagogie et absentéisme ; qu'est-ce que le "droit à l'errance" dans les expériences de pédagogie nomade (cf. documentaire "errance", http://audioblog.arteradio.com//Pedagogie_Nomade/frontUser.do?method=get...). Un documentaire radio de 6 minutes pourra introduire à quelques problématisations. (Séminaire sur l'Émancipation)
B) Apprentissages et dispositifs matériels de l'errance : rapport à l'espace de certains squatteurs : l'errance comme capacité à la dérive et différentes pratiques du territoire urbain, de la guerre de tranchée au village nomade, comparaison entre Paris et Lyon. (Séminaire Propriété et Résistances)
C) Déchiffrer l'errance à partir de la conception foucaldienne de l'occupation de l'espace : dispositifs architecturaux et pratiques de liberté, Michel Foucault, Dits et écrits II, "Espace, savoir et pouvoir", p. 1094-1097 (4 pages, si quelqu'un pouvait les scanner).
On pourra proposer, à partir des cartes et de quelques textes de Fernand Deligny - qui accompagne et organise une vie avec des enfants autistes dans les années 60 au coeur des Cévennes - une réflexion sur la construction d'un territoire : lignes d'erres et trajets quotidiens.
ATELIER 2 - Espaces publics oppositionnels (samedi et dimanche)
A) Université oppositionnelle. Comment déployer à l'université des lieux de luttes - on peut partir de ce qu'Emmanuel Barot appelle l'"Université oppositionnelle" dans son livre "Révolution à l'université", où l'oppositionnel désigne une forme de radicalité pouvant croiser des modalités d'action multiples et ouvrir l'université sur l'extérieur. Il s'agira d'explorer les pistes d'un processus de résistance à l'université et au-dehors qui ferait tenir ensemble de nombreuses pratiques (grève, sabotage, désobéissance, séminaires autogérés, production de textes, initiatives diverses en lien avec l'extérieur, etc.), et des modalités de construction en son sein des linéaments d'une démocratie radicale. Cf. également l'article de Yves Citton "Démontage de l'université, guerre des évalutations et lutte des classes" (RILI n°11), et l'"Esquisse d'une contribution à la critique de l'économie des savoirs" (Sibertin-blanc/Legrand). (Séminaire sur l'Emancipation et Comité 227)
B) Espace public oppositionel, mises à l'épreuve de Negt. (Université Autogérée de Lyon)
C) Espace public plébéien : il s'agira de présenter brièvement la conception d'un espace public plébéien esquissée par l'historienne A. Farge dans son livre écrit en réaction à Habermas, Dire et mal dire. Comprendre le déploiement d'un espace commun de parole et d'action à partir de l'affirmation d'une égale capacité de chacun engage la mise en cause du statut d'un tel dire, affirmation d'une intelligence et collectivisation d'une information, une opinion vraisemblable tout au plus, qui ne fait qu'enclencher un cycle de circulation du dire. On partira de quelques anecdotes proposées par Farge pour proposer quelques pistes théoriques à la discussion collective. (Séminaire Propriété et Résistances).
ATELIER 3 - Mémoire des luttes, expérience des luttes
Réactivation/actualisation de certains événements dans la conjoncture actuelle (exemple du film de Watkins sur la Commune ; ou encore, les possibilités ouvertes par Mai 68 en termes de résistance pour aujourd'hui, cf article d'Irène Pereira dicutable mais intéressant : http://www.sens-public.org/spip.php?article634). Réflexion sur la manière dont se constitue la mémoire des luttes, et sur la puissance que peuvent transmettre aux luttes présentes l'expérience des luttes passées ? Tentatives de collecter les expériences et témoignages divers à partir des mouvements (universitaires ou non) de ces dernières années, des diverses initiatives politiques mises en oeuvres.
ATELIER 4 - Imaginaire(s), poétique et politique : quelle est la part de l'imaginaire, du sensible et du sens dans les politisations actuelles ?
A) Comment articuler les pratiques de réappropriation du savoir à la production d'un langage commun, de schèmes et d'images intégrant une dimension esthétique ou littéraire ? Comment sortir du prosaïsme des formes de militantisme classique et d'une critique sociale trop rigidifiée, pour comprendre, au filtre du désir et de l'imagination, les véritables logiques à l'oeuvre dans l'émergence d'une subjectivité en rupture, et dans la volonté de créer collectivement d'autres manières de vivre ? On pourra mener cette interrogation à partir du "Manifeste pour les produits de haute nécessité" publié par des intellectuels antillais (http://www.afrik.com/article16280.html) qui propose d'ajouter le "poétique" au "prosaïque"; à partir également du concept de "poétique du savoir" présent chez Rancière, qui permet de penser un rapport au savoir indicsiplinaire et non-hiérarchique (prenant en compte les savoirs asujettis) susceptible de nourrir les pratiques de recherche politique autogérée. La question des imaginaires peut être envisagé à partir de plusieurs travaux récents sur la question, qui prennent acte de la faiblesse actuelle d'un imaginaire de l'émancipation (Mona Chollet, "Rêves de droite", Yves Citton, "Mythocratie. Storytelling et imaginaire de gauche", Marc Augé, "La guerre des rêves").
B) Les Racines du brouillard, Un film de Dounia Bovet-Wolteche (53’, Noir & blanc, 16 mm, Belgique, 2009. Image : Dounia Bovet-Wolteche, Son : Alexandre Davidson, Montage : Mathias Bouffier, Production et distribution : Néon Rouge Production ASBL)
Projection en présence de la réalisatrise.
"(...) Une traversée, ici d'une rive de la Méditerranée à l'autre. Celle d'Axelle, venue une première fois en 1962 comme jeune institutrice au lendemain de l'indépendance en Algérie. D'une rive à l'autre et d'un temps à l'autre aussi, dans un geste de fidélité à un ami connu alors, Ali, récemment disparu. Fidelité à l'ami et aux idéaux de l'Indépendance, aux êtres qui l'ont rêvée et conquise. Premier film de Dounia Bouvet-Wolteche, Les racines du brouillard, offrant les riches matières et textures du 16mm noir et blanc, nous mène d'Alger à Tizi-Ouzou chez Ali, avec en contre-champ ce que l'on comprend vite être les dernières images de l'ami, hospitalisé en France. Récit à trois voix, celles de la réalisatrice et d'Axelle, croisant celle d'Ali, évoquant par bribes ses combats politiques, ses emprisonnements, sa condamnation à mort par les autorités françaises (...) Mais hors de toute nostalgie, comme y invite le proverbe kabyle du titre, chercher les racines du brouillard, c'est-à-dire chercher l'impossible pour ne pas céder à la résignation, poursuivre et transmettre au delà du deuil, à l'image de ces voix d'enfants dont la lecture, avec Axelle, des souvenirs de lutte d'Ali ponctuent le film" N. Féodoroff.
ATELIER 5 - Emancipation, Aliénation et Travail
A) Contre la vision d’un capitalisme post-fordiste qui aurait relégué la question du travail et libéré les corps des contraintes imposées sur la chaîne de production taylorienne, nous proposons de replacer la question sur le travail et le corps (lieu à la fois de consentement et de résistance au capitalisme) au cœur de la critique du capitalisme. L’atelier de réflexion s’appuie sur les deux textes « Une analyse marxiste des corps ? » (Stéphane Haber et Emmanuel Renault, Actuel Marx n°41, 2007) et « Du fordisme au post-fordisme : dépassement ou retour de l’aliénation ? » (Emmanuel Renault, Actuel Marx n°39, 2006) pour poser tout d’abord la question des outils de la critique du capitalisme : quelles perspectives émancipatrices la mise ou jour des effets subjectifs et corporels du capitalisme ouvre-t-elle ? Ces deux textes nous amènent également à nous interroger sur les conditions de production de la critique. Quelle est la fonction pratique d’un tel discours critique universitaire? S’agit-il simplement de thématiser l’aliénation comme objet nouveau du discours universitaire ? Ou est-ce l’occasion de questionner les aliénations qui traversent nos modes de production de connaissance, et de reconnaître dans l’université un lieu de travail ? A partir de là, comment mettre en œuvre des pratiques collectives de production des savoirs, et créer des solidarités entre catégories et métiers sur notre lieu de travail ? (ENS-Lyon en lutte).
B) "La reprise du travail aux usines wonder", plan séquence de 9 min. Une jeune femme qui, au vu de ce qui s'est passé, ne veut reprendre le travail. On pourra observer, si ces thématiques résonnent avec des réflexions autour du travail, de l'aliénation ou de la conjoncture mai 68, la position de cette ouvrière au seuil de son usine, qui ne veut pas y pénétrer, s'opposant à un représentant du syndicat appelant à la reprise du travail. De quel différentiel l'émancipation est-elle porteuse dans le réel, par rapport au discours patronal mais aussi syndical - "étape par étape, acceptant les compromis, nous parviendrons à la victoire" ?
C) Dans ce cadre, Efflam et Léa se proposent de passer un Medvedkine le soir et d'inviter un intervenant (qui a édité les inédits de Medvedkine et en plus a édité Deligny).
ATELIER 6 - Minorités
Au croisement de la question de la mémoire des luttes au sein des discours et des enjeux de quelque chose comme des "minorités", on pourra lire le texte de Foucault autour des savoirs assujettis : Michel Foucault, Il faut défendre la société, cours du 7 janvier, p. 6-17. (Plus long mais si on parvient à scanner les pages 6-11, ce serait peut-être bien) mémoire post-coloniales une émancipation des minorités aliénées, dans quelles conditions ? Entre exigence politique et identitaire de la "centralisation" et nécessité de l'ouverture sur le dehors vers le vivier des autres luttes radicales, les indigènes de la République appelle à la construction d'une "organisation politique antiraciste et décoloniale autonome", on pourra confronter quelques uns de leurs manifestes avec les analyses de Deleuze sur les agencements collectifs repris par G. Sibertin-Blanc dans l'article "L’analyse des agencements et le groupe de lutte comme expérimentateur collectif" (voir aussi G. Deleuze : "Trois problèmes de groupe", L'île déserte...). Sur un mode moins universitaire d'autres matériaux seraient proposés à partir d'interviews, de textes et de bandes sons issus des franges révolutionnaires du rap français (Casey, Skalpel, La rumeur...).
ATELIER 7 - Atelier permanent orienté archive/micro-édition/édition électronique
L'idée est que chacun vienne avec textes, tracts, photocopiés ou sous forme numérique, les comptes-rendus des séminaires ou archives audio, les textes lus et les textes d'exposés, les bibliographies non exhaustives, etc., etc. dont on pourrait tirer une archive (toujours partielle) à publier sur le site de l'inter-séminaire et à faire circuler, ou encore faire le projet d'une micro-édition qui parle de cette expérience qui pourrait être publiée en PDF et photocopiée. L'atelier permanent, fonction du matériel porté, ouvrira sans aucun doute sur tout un tas de discussions improvisées.
ATELIER 8 - Féminismes et Révolution (dimanche après-midi)
Aujourd'hui, la question du féminisme est abordée un peu partout dans les initiatives d'universités sauvages, les séminaires et groupes autogérés à l'université et ailleurs, de même qu'existe une importante production de la recherche universitaire suivant diverses tendances qui traversent des conflits, échangent entre elles, etc.
Nous proposons de faire le point sur cette question du ou des féminismes et postféminismes, de la question du genre, sexes et sexualités et des formes de vie, et de l'apport des mouvements féministes dans la théorie et la pratique politique. Avec la participation d'Elsa Dorlin.
ATELIER 9 - Qu'est-ce qu'un collectif ? (samedi et dimanche)
Durant l'année sur le point de se finir, s'est tenu au département de philosophie de l'Université Paris 8 St-Denis un séminaire « étudiant ». Sans enseignant, ouvert à n'importe qui voulait y participer. Nous l'avons pensé comme le lieu où pourraient se croiser d'autres lieux, où aussi pourraient se croiser ce qui cherche à avoir lieu, ce qui se tient dans plusieurs lieux, ou plusieurs non-lieux. Ainsi les différentes tentatives dans lesquelles nous étions engagés, les rencontres que nous avions pu faire...
S'il fallait définir une direction que nous avons suivi, une question qui nous a traversé, alors qu'est-ce qu'un collectif ? Peut-être pourrait-on préciser quelles sont les questions politiques qu'il pose, et qu'il se pose ? Bien sûr on se retrouve là avec la bizarre affectivité qui entoure le terme de politique. Le séminaire aura été l'occasion de le confronter, de confronter nos pratiques à d'autres champs, l'art, la psychothérapie institutionnelle, etc. On pourrait critiquer la séparation entre ces champs, y voir à tout prix du politique. Notre pari est plus d'essayer de considérer d'où on part, pointer le lieu d'où l'on part, et comment en se confrontant, de l'hétérogène s'aggrège, s'agence, et trace de nouvelles directions, ouvre de nouvelles perspectives. Comment l'art questionne l'action, la manière de reprendre la question du travail et de la grève par exemple.
La psychothérapie institutionnelle nous questionne elle peut-être plus quant à la question du collectif. Comment ce qui se passe à la clinique de la Borde par exemple peut inspirer des manières de penser nos rapports, et de nouvelles manières d'être ensemble.
Avec la participation de Sophie Gosselin et David gé Bartoli.
INTER-SÉMINAIRE 4-5-6 JUIN 2010 - À LA GÉNÉRALE EN MANUFACTURE 6 GRAND RUE 92310 PONT-DE-SÈVRES - CONTACT : JO (AT) INTER-SEMINAIRE.ORG - SITE INTERNET : HTTP://INTER-SEMINAIRE.ORG
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