INTER-SÉMINAIRE - 1er et 2 OCTOBRE 2011
Sans le vouloir, et pourtant comme si nous nous étions passé le mot, il semblerait que le fil conducteur des journées des 1er et 2 octobre soit féministe. Non pas simplement un thème, ou une méthode, mais plutôt une question qui court au long de toutes les autres, modifiant au passage les énoncés et les pratiques. Non pas simplement un temps réservé à une question particulière, qui ne pourrait concerner que certain-e-s d'entre nous, mais une question qui traverse toutes les autres. C'est peut-être que les formes d'organisation et de recherche que nous expérimentons le permettent, ou que bon gré mal gré, certains acquis de mouvements précédents ne peuvent pas être hypothéqués. Voilà, féministe plutôt au pluriel, libéré de la question des identifications et des essentialismes, et qui de façon performative permettrait de réinterroger les lieux, les fonctions et les places, les formes d'intervention, de recherche, etc. somme toute les formes de vie.
Les journées des 1er et 2 octobre proposent un temps de réunion de séminaires créés à la suite des grèves à l'université, à Saint-Denis, Paris, Toulouse, Lyon, Bruxelles, etc. pour la présentation de recherches et projets en cours, et ceux à venir, de discussion, réflexion collective et fête !
Nous invitons à nous rejoindre, puisque ces journées sont ouvertes à tou-te-s celles et ceux qui souhaitent interroger les formes de production et de transmission du savoir, en lien avec les luttes politiques, le samedi 1er octobre à Paris 8, et le dimanche 2 octobre à l'ENS.
A l'occasion des mouvements de ces dernières années nous avons expérimenté des formes de recherche et de relation au savoir en résistance aux modèles dominants qui tendent à s'imposer.
Indépendamment de la réussite ou de l'échec des différentes séquences de lutte passées ou à venir, l'autonomisation de ces pratiques tant par rapport aux pressions économiques que par rapport aux cadres universitaires classiques - ouvrent sur un champ à explorer.
S'y est fait jour, grâce au temps de la grève, l'intensité proprement politique du rapport entre la théorie et la pratique.
Nous créons un "inter-séminaire" qui a pour vocation de faire résonner entre elles ces expériences (groupes de réflexion et de recherche ouverts, mises en pratique de l'université expérimentale, séminaires de grève autogérés, etc.) afin qu'elles s'enrichissent mutuellement et qu'elles puissent mettre en commun des réflexions et des réalisations.
Cet inter-séminaire est ainsi à la fois l'opportunité d'échanges ponctuels et suivis, où des questions et des relations de sens communes émergent, et l'une des formes de l'énonciation de nos revendications dans le tissu des relations d'amitiés et des solidarités multiples et constantes nées dans le cours de ces mouvements.
Site Internet : http://inter-seminaire.org
Email de la liste : jo@inter-seminaire.org
SAMEDI 1er OCTOBRE 2011 à l'Université Paris 8 Saint-Denis - Salle D002
2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis - Métro Saint-Denis Université (Ligne 13)
10h00-13h00 : Séance plénière de présentation des séminaires
*pause déjeûner*
14h30-17h00 : Séances thématiques
Qu'est-ce qu'un groupe de parole ? Ou la question du qui parle ? Qu'importe qui parle, quelqu'un a dit qu'importe qui parle...
Nécessairement, du aux grèves, aux réunions et aux assemblées générales, etc. sans cesse s'était posée la question des formes de prise de parole, et par extension l'expérience de toutes les situations où l'on parle s'était trouvée intensifiée.
Qui parle ? Qu'importe qui parle, quelqu'un a dit qu'importe qui parle : ce n'est bien sûr pas seulement la question du narrateur et sa disparition, ou, selon une certaine épistomologie du point de vue dite telle que "les subalternes peuvent-elles parler ?", ou des savoirs-pouvoirs qui se pose, mais plus, de toutes situations où pourraient s'élaborer des énoncés collectifs.
De nombreuses expériences de libération et de circulation de la parole sont liées à ces moments là où se découvrent et s'expérimentent de nouvelles façons d'agir : les mouvements à l'université, les mouvements féministes, et tous les autres mouvements qui ont cherché à repolitiser les formes du vivre ensemble.
Une amie disait : "la parole c'est ce qui fout le bordel". Et si la possibilité d'une parole intime, de pouvoir parler de soi apparaît aussi souvent comme l'un des enjeux de la prise de parole, n'y aurait-il pas également à penser comment la parole peut être le vecteur d'une possible remise en question de sa situation elle-même, l'exigence toujours renouvelée d'un changement, d'un bouleversement du présent.
Politiques du genre (1) : 80 députés UMP...
Revue de presse autour de la polémique sur la théorie du genre dans les manuels de Sciences et Vie de la terre, et analyse critique à partir de textes de C. Delphy, J. Butler, A. Fausto-Sterling sur la différenciation du social et du biologique.
« Monsieur le Ministre,
Nous avons l'honneur d'attirer votre attention sur "la théorie du genre sexuel", présente dans certains manuels de sciences et vie de la terre de classe de première.
Selon cette théorie, les personnes ne sont plus définies comme hommes et femmes mais comme pratiquants de certaines formes de sexualités : homosexuels, hétérosexuels, bisexuels, transsexuels. Ces manuels imposent donc une théorie philosophique et sociologique qui n'est pas scientifique, qui affirme que l'identité sexuelle est une construction culturelle relative au contexte du sujet.
Par exemple, il est écrit que "le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n'est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et contexte socio-culturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l'autre" » - (Extrait de la lettre des députés UMP : http://www.depute-mallie.com/assembleenationale/depute/file/lettre-commu...).
*pause*
17h30-20h : Psychanalyse et politique
Un des angles d'attaque de la question du rapport entre psychanalyse et politique consisterait peut-être à s'interroger sur l'appareil conceptuel qui sous tend la psychanalyse aujourd'hui, c'est à dire en gros Freud et Lacan, parce que tout le reste en sont des variantes, l'appareil conceptuel psychanalytique et puis l'appareil conceptuel de la pensée politique classique qui existe en occident disons depuis le 17ème siècle. C'est sur point là que porte quelque chose que la psychanalyse aujourd'hui a intérêt à prendre en compte, à reconnaître, à travailler, et à assumer, c'est à dire les critiques fondamentales qui ont été faites émanant de Foucault, Butler, Deleuze, Deligny, et d'autres.
Prenons un exemple très simple, il est frappant de voir que la topique freudienne, la deuxième topique, du surmoi, moi et ça, peut se déchiffrer entièrement comme un décalque du vocabulaire politique classique, le surmoi étant l'Etat souverain, le moi étant la subside bourgeoise et le ça étant la populace dangeureuse, révolutionnaire, etc.
Proposition d'expérimentation théâtrale à partir de la parole tue, lue, écoutée, parole dans l'espace, parole adressée ou non... comme du rapport entre psychanalyse et politique car la psychanalyse s'affronte à la censure de la parole, avec A. Bourgeois et B. Ogilvie à la suite de la rencontre de l'automne dernier.
*Apéro-buffet et JAZZ MANOUCHE Trotsky Tulsky (Bxl) !*
DIMANCHE 2 OCTOBRE 2011 à l'Ecole Normale Supérieure - Salle CELAN
45 rue d'Ulm 75005 Paris - RER Luxembourg (Ligne B)
10h00-13h00 : Séances thématiques
Politiques du genre (2) : Lectures d'Un troussage de domestique (Autour de l'affaire DSK)
Revue de presse, lecture commentée d'un choix d'extraits du livre et plus, et discussion.
« Ce livre s’adresse à un large public, celui qui a suivi l’"affaire DSK". Son sujet n’est pas l’affaire judiciaire (qui ne fait que commencer). Il ne traite pas non plus des agressions sexuelles. Son sujet est le sexisme comme idéologie rationalisant les atteintes aux droits des femmes. Il analyse les réactions à l’arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York le 14 mai 2011, puis à son inculpation. (...)
Les féministes auteures de ce livre mettent en cause ces propos qui assimilent le viol à la vie privée, au libertinage, à la liberté sexuelle. Elles affirment que la présomption de véracité de la victime "présumée" doit être tout autant préservée que la "présomption d’innocence" du suspect. Que le viol existe, et que le consentement des deux parties n’est pas un ornement dont on peut se passer, une cerise sur le gâteau, mais la ligne de partage entre un acte licite et un acte criminel.
Enfin, les auteures se demandent si ces propos ne révèlent pas un refus, de la part de la société française, de la loi française, pour laquelle cette ligne de partage est aussi fondamentale que pour la loi états-unienne » - (Extrait de la présentation du livre sur le site de l'éditeur - http://www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_517-Un-troussage-de-domesti...).
Théorie/Pratique : Nouvelles questions
Nous proposons de faire retour sur la question du rapport entre théorie et pratique, initiale à la création de cet inter-séminaire, et les différentes façons dont elle a pu se poser relativement aux parcours de recherche, projets et actions collectives depuis cette création, ainsi qu'aux partages disciplinaires à l'université (sciences sociales, art, etc.), aux héritages militants, etc.
Ici, les luttes actuelles (Révolutions arabes, Mouvement des Indigné-e-s, Mouvements pour la liberté du savoir et la liberté de circulation, etc.) montrent de nouvelles façons d'agir ensemble créatrices de langages traversant les frontières et déplaçant les référents habituellement invoqués par les discours portant sur la politique tant institutionnelle que non institutionnelle.
Nous invitons particulièrement à un échange qui associe des expérimentations récentes et une réflexion critique sur les cultures politiques.
*pause déjeûner*
14h30-17h00 : Séance plénière. Ici, nous parlerons de la suite !
Site Internet : http://inter-seminaire.org
Email de la liste : jo@inter-seminaire.org
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