Emancipations (CR du 10/10/2011)

Le séminaire autogéré « Emancipations » est un groupe de recherche politique qui expérimente depuis maintenant trois ans de nouveaux rapports au savoir. Il se veut ouvert à touTEs, étudiantEs ou non.

Le mouvement mené en 2010 contre la LRU (projet de réforme néolibérale de l’université) a été l’occasion pour des étudiantEs de se réunir et de mettre en place des pratiques de recherche collective. Il s’agissait de créer un espace de contestation de l’institution universitaire, de son fonctionnement pédagogique (hiérarchie, élitisme, isolement des étudiantEs dans la recherche), économique (ajustement de l’université aux exigences du marché) et social (reproduction des inégalités, mépris de certains savoirs).

Nous avons créé le séminaire Emancipations pour répondre à ces exigences : comment construire des outils théoriques en prise avec des expérimentations et des luttes politiques ? Comment inventer de nouvelles façons de chercher et d’échanger ? Comment notre démarche transforme-t-elle le fonctionnement habituel de l’université ? Bref, comment faire des liens entre la rue et les salles de cours, entre les révoltes et les livres ?

Nos recherches sont collectives et visent l’égale participation
de touTEs : attention aux modalités des prises de parole, élaboration commune des problématiques, constitution de matériaux de discussion, écriture de textes à plusieurs mains, diversité des supports et des modes de travail pour permettre la participation du plus grand nombre (archives, tracts, films, émissions de radio, textes divers...).
Le séminaire Emancipations échange avec d’autres espaces critiques, d’autres collectifs de recherche et de lutte, à Paris, à Lyon, et à Toulouse.

La première année, nous avons travaillé les questions de l’éducation (les critiques du système éducatif et les expériences de pédagogie alternative), des formes contemporaines du militantisme et de l’héritage politique de la Commune de Paris. Nous avons rencontré des enseignants de l’école Vitruve, des fondateurs et des élèves du lycée autogéré « Pédagogie nomade » (Belgique).

La deuxième année, notre recherche a porté sur les minorités comme sujets politiques : par petits groupes, nous avons étudié les luttes dans les prisons dans les années 1970 (travail sur archives), les mouvements de sans-papiers (rencontre avec les auteurs de « Travailleurs, vos papiers ! »), les émeutes en banlieue (2005), des textes de philosophie politique française contemporaine et leur critique par les « subaltern studies ».

Pour commencer cette année, nous voudrions poursuivre nos recherches sur l’éducation (éducation populaire, rapport entre communauté de vie et communauté éducative), et entamer un travail sur la question de l’aliénation dans les rapports de sexe et de genre (en faisant l’effort de lire des sources marginalisées). Nous envisageons de nous former à d’autres supports d’expression (film, radio, théâtre). La liste n’est pas close, et le séminaire est ouvert à tous vos désirs et propositions de travail.

La pratique de recherche dans laquelle nous sommes engagéEs n’a de sens qu’en tant qu’elle vise à comprendre et remettre en cause les rapports de domination, les situations d’oppression. Elle n’aura d’efficacité dans nos pratiques politiques que si elle permet de rendre visible et audible la multiplicité des révoltes, des résistances.

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