Je doit rappeller que je ne suis pas ici pour donner une conférence, ni pour apporter une quelconque réponse à la question de ce qu'il faut faire, comment, pourquoi, mais éventuellement pour faire écho, rebondir, et éventuellement susciter d'autres rebonds. Ce sera d'abord un libre rebond sur un certain nombre de choses qui ont été évoquées ici.
D'abord, dire qu'à mon avis effectivement il y a deux attitudes quand on pense à la radicalité. Il y a une attitude qui pense qu'elle est historiquement constituée, c'est à dire qu'il y a une histoire, une histoire des révolutions notamment, ça n'a pas marché une première fois, une seconde, une troisième, etc., mais si on prend les mesures qu'il faut avec les gens qu'il faut et les théories qu'il faut disons, on devrait y arriver à la quatrième, ou la cinquième ou la sixième fois.
Interventions et chroniques
Radicalité, Action, et Savoirs
Faire une histoire des moments de communisme
Une idée exprimée par Rancière me semble essentielle aujourd'hui : l'idée de "moments communistes". On a vu lors des colloques qui ont eu lieu récemment à Londres, à Paris, etc., sur le communisme que deux tendances s'expriment côte à côté, s'entendent sans s'entendre, etc., dont l'une serait de dire qu'il y a deux moments dans l'histoire, l'un commençant en 1917, l'autre à la chute du mur de Berlin en 1989 : nous serions dans le deuxième moment. L'autre tendance serait de dire si on pense le communisme en tant que politique de l'émancipation, que ce qu'il faut penser c'est, et c'est effectivement ce que dit Rancière : quels sont les moments de communisme ?
Que seraient une pensée et une action politiques radicales aujourd'hui ?
J’aimerais tenter ici de confronter les réflexions des séminaires autogérés de recherche politique que nous avons mis en place à l’ENS (en particulier un séminaire sur l’émancipation), dans le prolongement de l’expérience des mouvements sociaux, avec le texte de l’entretien réalisé par le Sabot avec J. Rancière (entretien disponible sur le site de la CIP) – et ce, autour de la notion de « radicalité ».
Il apparaît assez clairement que beaucoup de choses appellent, aujourd’hui, une radicalité.
Vive l'indisciplinarité ?
Ce que je voudrais faire ici simplement, à l'occasion de ce forum qu'on a titré "Vive l'indisciplinarité !", c'est proposer quelques repères, historiques dans une première partie, et autour de Foucault dans une deuxième partie, le sujet étant la remise en question des disciplines, du mouvement même de disciplinarisation puisqu'il n'y a pas toujours eu de disciplines, les disciplines se sont constituées historiquement. Il n'y a pas de découpage strict des disciplines, il n'y a pas de division entre les disciplines historiquement, pas même de différence véritablement faite entre science et philosophie. Il y a un savoir non différencié, une indisciplinarité déjà, et le problème est de ne pas faire retour à cela lorsqu'on parle d'indisciplinarité aujourd'hui. Qu'en est-il de l'indisciplinarité précédente à l'âge classique et de ce qu'on entendrait par là aujourd'hui ?
C'est pourquoi... (notes du 18 novembre 2009)
La disciplinarisation des savoirs est déterminante de qui serait qualifié à prendre la parole et à propos de quoi, plus encore, du mode de relation entre réflexion disciplinaire et vie politique et sociale - et entre théorie et pratique - en même temps que sont élaborées les procédures d'évaluation, de validation, de légitimation, etc. qui leur sont intègres -, autrement dit la production, la division et la hiérarchisation des savoirs serait corrélative de celle de l'organisation des places et des fonctions sociales.
Cette question initiale à de nombreux débats inscrit celle des savoirs et de leur disciplinarisation à l'intérieur de celle d'un système politique qui est aussi un système de production, un système social, qui tout comme les savoirs disciplinaires produisent leurs propres objets et leurs propres points d'inconnaissance, produit dans une relation réciproque les sujets qui pourront y être admis à y prendre la parole, à y être reconnus.
La possibilité d'une recherche politique
Quelques idées et interrogations à l’origine du séminaire sur l'émancipation à l'ENS :
J’aimerais présenter ici une idée assez simple, portant sur la nécessité de construire l’espace d’une recherche politique aujourd’hui, et le rapport qu’une telle recherche entretiendrait tant à l’égard des savoirs disciplinaires qu’à l’égard des pratiques politiques. Et c’est contre une double coupure que cette recherche serait à construire.
1) La première apparaît lorsqu’on plonge dans la réalité actuelle du monde académique : on est alors frappé par la manière dont la recherche y est coupée de toute conséquence pratique ;
Quête de sens et subjectivité dans l’ufr zéro
Ce texte entend exprimer une réflexion sur le sens de l’engagement de chacun dans l’ufr zero, qui est la mienne actuellement. J’espère ainsi la susciter chez chacun, nous faire adopter une démarche réflexive sur le projet, et sur nous même au sein de ce projet.
Ce que j’entend par sens de l’engagement, c’est la question de savoir comment chacun se vit, se voit dans la dynamique, comment subjectivement il voit son engagement et sa participation dans le projet.
Il pourrait également s’agir de voir s’il y a décalage entre l’engagement personnel comme il est vécu par les autres, et comment il est vécu par soi. Et alors peut-être d’en saisir, ou au moins en approcher ainsi le sens pour chacun.
Petit bréviaire des universités en mouvement V.0
Nous aurions pu écrire une longue dissertation accompagnée de quelques commentaires de texte, nous y avons été formés. Cela aurait été un bon moyen de nous persuader que nous sommes dans le vrai. Mais nous n'y sommes pas, nous ne décrivons ici aucune vérité mais seulement un ressenti et une grille de lecture du milieu universitaire et des mouvements qu'il engendre.
Afin de continuer à écrire et à penser nous avons opté pour la forme des brèves. Elle nous permet de ne pas nous adresser qu'aux universitaires. Elle nous a surtout permis d'éviter de nous tirer une balle.
Cette production est un work in progress et reste ouverte à tous ceux et celles qui souhaiteraient prolonger l'idée de lancer des pointes légères et acérées sur la situation universitaire, selon le modèle que nous proposons, en le complétant, ou l'aiguisant ici ou là [1].